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Long-term outcome of horizontal root fracture in permanent teeth: a retrospective cohort study

Long-term outcome of horizontal root fracture in permanent teeth: a retrospective cohort study

150 150 SFE Endodontie

Long-term outcome of horizontal root fracture in permanent teeth: a retrospective cohort study

Sheikhnezami M et coll ``Long-term outcome of horizontal root fracture in permanent teeth: a retrospective cohort study``, J Endod 2024 ; 50 (5) : 579-589

Parmi les fractures traumatiques dentaires, les fractures radiculaires horizontales sont particulièrement complexes, dans le sens où elles concernent différents types de tissus, minéraux comme organiques : dentine, cément, pulpe, ligament parodontal.

 

Dans ses recommandations de 2020, lInternational association of dental traumatology (IADT) a détaillé la prise en charge adaptée à ce type de fracture : repositionnement du fragment coronaire si nécessaire ; stabilisation du fragment coronaire mobile avec une contention souple pendant 4 semaines (4 mois si la fracture est cervicale) ; pas de traitement endodontique lors de la première séance, mais surveillance de l’état pulpaire pendant 1 an ; propositions de différents traitements en cas de nécrose et selon la localisation du trait de fracture [1]. Cette même publication a recensé les différentes étapes du suivi, ainsi que les facteurs favorables ou non à la cicatrisation.

 

Afin d’évaluer l’évolution de dents ayant subi des fractures radiculaires, une équipe majoritairement canadienne a évalué les données dun dental trauma center iranien, entre 2006 et 2022. En retenant uniquement les fractures infra-crestales, suivies radiologiquement pendant un minimum de 12 semaines, elle a évalué 125 dents chez 103 patients.

Si les causes de fracture étaient variées (sport, accident de circulation, chute, coups volontaires, choc avec un objet), les dents concernées étaient essentiellement les incisives maxillaires (plus de 80 % des traumatismes), les victimes majoritairement de sexe masculin (64 %), et les dents principalement matures (plus de 80 %).

Dans les traitements mis en place, les données montrent une variabilité notamment concernant les délais de contention (13,6 % pendant 4 à 8 semaines ; 60,8 % plus de 12 semaines). On note un taux élevé (supérieur à 20 %) de dents dépulpées lors de la première consultation . Il est à noter que le délai de prise en soins était élevé : si 24 % des dents ont été vues moins de 24 heures après le traumatisme, la moyenne s’élevait à 3 jours.

Concernant les 64 dents ayant dû être dépulpées (dont 27 dès la première séance), celles-ci ont été traitées par une pulpectomie du fragment en position coronaire, suivi dune médication interséance à lhydroxyde de calcium pendant une durée allant de 2 à 24 semaines, avant que le même fragment soit obturé, au MTA pour la grande majorité des dents concernées. Si les auteurs ne détaillent pas la raison pour laquelle certaines dents sont traitées dès la première séance, en lieu et place de la surveillance habituellement suggérée, nous pouvons imaginer que les délais de prise en charge les confrontent à des dents traumatisées présentant dédes signes cliniques ou radiographiques.

 

En se limitant aux dents dépulpées ayant bénéficié dun suivi dau moins 12 semaines (soit 61 dents sur 64), le taux de cicatrisation s’élève à 88,5 % (soit 54 dents), succès venant sajouter aux 61 dents ayant nécessité dune simple surveillance. Parmi les facteurs influençant le devenir de la dent traumatisée, les auteurs ont relevé que le fait d’être un homme et que la dent soit immature sont corrélés positivement avec le maintien de la pulpe. Corrélations auxquelles nous pouvons proposer un biais de surreprésentation des hommes et surtout des dents matures dans un échantillon certes conséquent, mais limité au vu de la diversité des prises en charge.

 

Ainsi, le taux de 92 % de succès présenté par les auteurs de cet article est très encourageant, mais doit être interprété avec prudence. En effet, un certain nombre de dents ont été traitées endodontiquement demblée quand les recommandations de lIADT invitent à une surveillance en premier lieu. Il en est de même pour les délais de contention relevés par l’équipe. En revanche, la proposition de traiter la dent, quand elle le nécessite, par une pulpotomie jusquau trait de fracture, puis obturation avec un ciment silicate de calcium après temporisation à lhydroxyde de calcium semble ici faire ses preuves. Cest une proposition que lon retrouve dans plusieurs comptes-rendus de cas publiés. Cependant, lusage de MTA contenant de loxyde de bismuth peut être lui aussi remis en question en 2025, en raison du risque de dyschromies sur des dents essentiellement antérieures, ainsi que du nombre de biomatériaux disponibles pour ce type dindications et présentant des caractéristiques communes[2].

 

 

[1] Bourguignon C et coll « International Association of Dental Traumatology guidelines for the management of traumatic dental injuries: 1. Fractures and luxations”, Dent Traum 2020 ; 36 (4) : 314-330.

[2] Torabinejad M et coll « Mineral trioxide aggregate and others bioactive endodontic cements: an update overview – part II: other clinical applications and complications”, Int Endod j 2018 ; 51 (3) : 284-317.

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